Acteur économique et sols

Un nouvel usage du sol

Les services et décideurs privés et publics intervenant directement dans l’aménagement en milieu urbain ou rural ont un rôle majeur à jouer pour un territoire respectueux des sols et de leurs fonctions.
 

Limiter l’artificialisation

L’étalement urbain diffus et discontinu est une forte source d’artificialisation des sols et consomme souvent des sols de qualité, au voisinage d’agglomérations, dont on risque de manquer dans le cadre d’une agriculture de proximité. La réhabilitation des espaces vacants, des friches industrielles au sein des espaces déjà urbanisés serait un levier efficace de réponse à la demande de logements ou d’espaces productifs et, porteur de services pour les quartiers alentour.

Source ADEME - Fiche sur la lutte contre l’imperméabilisation

La synthèse du SOeS sur l’environnement en France conduite en 2014 révèle que l’artificialisation entre les années 2000 et 2006 s’est faite au détriment des sols agricoles présentant une bonne qualité agronomique évaluée sur la base de leur réserve utile en eau - à plus de 54 % alors que ces sols ne représentent que 40 % des surfaces à l’échelle de la France -. Ceci est encore plus vrai pour les régions Languedoc Roussillon et Midi Pyrénées ou l’artificialisation s’est faite respectivement à plus de 60 % et 65 % sur des sols présentant une qualité agronomique forte à très forte et une très bonne capacité à stocker l’eau.

Intégrer la qualité des sols dans les démarches d’urbanisme

Des démarches en cours ont pour objectif de permettre de caractériser les sols sur la base de leurs propriétés et fonctionnement, à l’échelle supra communale, ceci afin d’identifier et de préserver les sols de qualités en capacité de répondre au plus grand nombre de besoins présents et à venir.
 

Limiter l’emprise au sol

Globalement, il s’agit de limiter l’emprise au sol dans l’aménagement et l’urbanisme et, quand cela est impossible, privilégier la perméabilité des solutions, à l’image des enrobés drainants pour les parkings extérieurs ou des dalles perméables.

Le projet MUSE « Intégrer la multifonctionnalité des sols dans les documents d’urbanisme » a pour objectif  de développer une méthodologie qui permette de caractériser la qualité des sols d'un territoire et de la cartographier. Ceci afin de permettre aux collectivités en charge d'élaborer un document d'urbanisme, et en particulier celles en charge de plans locaux d'urbanisme intercommunaux (PLUi), d'intégrer la qualité des sols dans leur réflexion et d'adapter leur projet de territoire à l'usage qui peut être fait de ces derniers. Une des finalités du projet est de protéger de l'urbanisation les sols en capacité de rendre le plus grand nombre de services.

Projet MUSE : intégrer la multifonctionnalité des sols dans les documents d'urbanisme

Optimiser le triptyque eau-sol-végétal

La lutte contre les îlots de chaleur urbains passe par un bon fonctionnement des sols. Préserver leur naturalité signifie conserver leur vivacité, leur richesse biologique. Il ne suffit pas de créer un jardin sur quelques centimètres de terre. Un jardin installé en pleine terre facilite l’évapotranspiration et recrée de la fraîcheur en ville, mais il permet aussi l’infiltration et le stockage de l’eau. Il fera d’autant mieux son office qu’il sera le support d’une végétation active dont l’enracinement en augmentant la porosité des sols favorise leur capacité à infiltrer et stocker l’eau . Les sols à forte réserve utile sont à privilégier et des pratiques de gestion adaptées pour maximiser la réserve utile sont à développer.

Différents outils peuvent être mobilisés tels que le coefficient de biotope introduit par la loi ALUR . Ce coefficient permet d’imposer à la parcelle une proportion des surfaces favorables à la biodiversité (surface écoaménageable) par rapport à la surface totale.

Spécifier dans le règlement et dans le zonage du PLU des exigences en matière d’espaces de pleine terre, d’emprises au sol et de surfaces imperméabilisées.

Des techniques innovantes

Au-delà d’actions classiques de désimperméabilisation, des techniques nouvelles apparaissent dans des domaines variés, à l’instar de réseaux d’assainissement qui favorisent l’infiltration à la parcelle au moyen de noues végétalisées ou de systèmes de récupération des eaux d’écoulement via des enrobés drainants associés à des espaces de stockage souterrains.

Que dit le PNACC 2 ?

La résilience des sols est un enjeu majeur car ils sont le support de nombreux milieux et secteurs d’activités comme l’agriculture et la production d’énergie et de matériaux renouvelables. En outre,les sols contribuent à la régulation de la ressource en eau et à la séquestration de carbone atmosphérique. C’est également un milieu vivant support d’une biodiversité très riche.

Dans le cadre du Plan biodiversité, le MTES limitera l’artificialisation et l’imperméabilisation des sols, en cherchant à les stopper à terme, grâce aux différents outils mobilisables que ce soit à l’échelle nationale,de l’aménagement du territoire (ex. : Schéma de cohérence territoriale, Plan Schéma de cohérence territoriale, Plan local d’urbanisme intercommunal),du projet (ex. : modification de pratiques, recyclage de modification de pratiques, recyclage de friches après restauration) ; et étudiera les possibilités de rendre à la nature, voire remettre en culture des territoires anthropisés (ex.: dépollution, restauration de friches industrielles).

Pour en savoir plus sur le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique

Ressources

Découvrir les sols sous un autre angle

EluTechnicien de collectivitéParticulier