Particulier et Risques naturels

Les usagers, habitants et citoyens ont des outils pour s’informer, se protéger,

s’adapter aux risques naturels présents et futurs

Le changement climatique devrait globalement amplifier les risques naturels dans notre pays comme dans le monde. Des phénomènes inédits impacteront les territoires dans les années à venir. Tout le monde est concerné par cette tendance : citoyens, habitants, militants associatifs, jardiniers amateurs, auto-constructeurs.

Vagues de chaleur, sécheresses agricoles, pluies extrêmes, incendies de forêts, submersions marines, tempêtes et cyclones… Selon le rapport du GIEC, les risques naturels seront aggravés, étendront leurs territoires d’occurence ou leur saisonnalité et s’intensifieront dans notre pays à l’horizon 2020 / 2100.

Des risques aggravés par le changement climatique

Les deux tiers des communes françaises sont exposées à au moins un risque naturel. 1 Français sur 4 et un emploi sur 3 sont aujourd'hui potentiellement exposés aux inondations, principal risque majeur au titre du nombre de communes concernées et du coût économique des catastrophes.

Pris de manière indépendante, aucun événement ne peut être attribué en tant que tel au changement climatique. Toutefois, les travaux de recherche établissent que le changement climatique vient modifier la fréquence et l'intensité de certains phénomènes :

  • La multiplication des épisodes de sécheresse pourrait intensifier les problèmes de retrait-gonflement d'argile qui fragilisent les logements.
  • Concernant les pluies extrêmes, une tendance générale se dessine avec une augmentation de leur intensité, principalement en hiver, et une extension des zones impactées notamment vers le sud-est ou les Pyrénées.
  • Les territoires exposés aux risques d’incendies de forêts devraient être plus étendus, couvrant une part importante des forêts des Landes (à horizon 2040) et de Sologne (à horizon 2060).
  • Les études actuelles ne permettent pas de mettre en évidence une tendance future sur l’évolution des tempêtes.
  • Outre-mer, les simulations indiquent que les cyclones ne devraient pas être plus nombreux, mais plus intenses.
  • La hausse du niveau de la mer devrait accélérer le& recul du trait de cote. Cette élévation entraînera aussi l’apparition de zones de submersions marines permanente ainsi qu’une très forte augmentation de la fréquence des submersions marines temporaires.

S'informer pour être acteur de sa sécurité

Un des moyens essentiels de la prévention est l’adoption de comportements adaptés aux menaces. En amont, il est donc fondamental de connaître les risques naturels auxquels on est susceptible d'être exposé. L’information préventive réglementaire repose sur le dossier départemental des risques majeurs établi par le préfet qui comprend, pour les différentes communes concernées, la description des risques et leurs conséquences pour les personnes, les biens et l’environnement et l’exposé des mesures de sauvegarde prévues pour en limiter les effets. Sur la base des informations contenues dans ce dossier, le maire établit le dossier d’information communal sur les risques majeurs, consultable en mairie. Dans les communes exposées à un ou plusieurs risques, l’affichage des risques et des consignes est obligatoire, notamment dans les campings.

Depuis 2006, tout acheteur ou locataire de biens immobiliers doit par ailleurs être informé lorsque le bien est situé dans le périmètre d’un plan de prévention des risques naturels et donc s’il est dans une zone inondable, soumise aux feux de forêt… En s’appuyant sur les différentes données disponibles, le portail Géorisques, mis en place par le ministère chargé de l’environnement, vise à ce que chacun puisse disposer d’une information sur les risques à proximité de son logement. Il présente, sous forme de cartes et de listes, les différents risques pour répondre à la question « quels sont les risques auxquels je suis exposé ? ».

Depuis 1993, les ministères chargés de l’environnement et de l’éducation s’attachent à promouvoir l’éducation à la prévention des risques majeurs. Depuis 2004, cette approche est officiellement inscrite dans le Code de l’éducation et concerne les programmes scolaires des enseignements primaire et secondaire : tout élève de collège et de lycée bénéficie, dans le cadre de sa scolarité obligatoire, d’une sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services secours ainsi que d’un apprentissage des gestes élémentaires de premier secours. L’Institut français pour les formateurs risques naturels majeurs et protection de l’environnement (IFFO-RME) propose plusieurs supports pour se préparer aux risques naturels.

 

Afin d’améliorer la culture du risque, le ministère chargé de l’environnement met en place des campagnes de communication sur les aléas les plus dangereux pour la vie humaine comme les pluies intenses et les feux de forêt. La campagne de prévention des pluies dites « cévenoles » a ainsi été mise en place après les événements dramatiques de 2015. Elle met l’accent sur les comportements qui sauvent, face à un risque croissant, et pour lequel les prévisions précises resteront difficiles et les mesures structurelles de réduction du risque limitées. Une autre campagne de prévention, mise en place en 2018, sensibilise au risque « incendie » dans les départements du Sud de la France. En 2020, cette campagne a été étendue à toute la France.

Parmi les autres outils d’information, hormis le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique, l’Observatoire national des risques naturels construit notamment une base de données sur les événements naturels dommageables et met en réseau les observatoires locaux.

Pendant une catastrophe naturelle, il est également important de respecter les consignes de sécurité (ne pas essayer d'aller chercher sa voiture garée dans un parking souterrain pendant une alerte inondation par exemple), de s'informer sur la gravité des événements (se munir d'un poste de radio fonctionnant sur pile, électricité, téléphone et internet pouvant être hors service) et d'éviter de propager des informations erronées.

Sept piliers pour prévenir et s’adapter

Les risques naturels font déjà l’objet d’une politique de prévention ayant fait ses preuves. En France, elle s’appuie sur sept types de mesures, qui sont autant de moyens d’anticiper les impacts du changement climatique sur les risques naturels : connaître, surveiller, informer, planifier, réduire, préparer et apprendre. Elle passe parfois par l’interdiction de construire dans des zones d’expansion des crues ou sujettes à l’érosion côtière : ce sont des politiques de prévention, via les Plans de prévention des risques naturels (PPR) ou les Plans locaux d’urbanisme (PLU), qui protègent les populations de dangers avérés, bien souvent meurtriers. La collectivité a prévu des contreparties, depuis la Loi Barnier de 1995, pour indemniser les propriétaires expropriés de constructions mettant en danger leurs occupants.

Les sept piliers de la prévention des risques

Anticiper pour mieux vivre demain

Se loger, consommer, se déplacer : autant d’actions qui seront impactées par l’aggravation des risques naturels du fait du changement climatique. Un maître mot domine, l’anticipation :

  • dans les zones à risques géologiques, les acquéreurs de terrains constructibles sont informés de la nature du sol. Le constructeur de la maison peut ainsi mettre en place les solutions techniques permettant de mieux prévenir les risques de sinistres liés aux mouvements de sol induits par le retrait-gonflement des argiles ;
  • pour les habitations proches des forêts, le débroussaillage est la première action à engager permettant de limiter les risques de propagation d'incendie. Le débroussaillage est obligatoire sur les régions du sud de la France métropolitaine. Avec l’extension des sécheresses sur l’ensemble du territoire français, le débroussaillage pourrait être plus largement pratiqué.

 

Pour en savoir plus sur l’adaptation au quotidien

 

Financer ses travaux

Au niveau national, le soutien à la prévention des risques s’appuie largement sur le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM, appelé aussi « fonds Barnier ») créé en 1995 et doté, via les contributions des assurés au titre du dispositif Catastrophes naturelles, de 137 millions d’euros en 2018. Sur la période 2012-2017, il a été mobilisé à près de 50 % pour la prévention des inondations par débordement de cours d’eau, à 13 % pour la submersion marine, à près de 10 % pour les mouvements de terrain. S’il a d’abord permis de financer les délocalisations de biens exposés à un risque naturel majeur (38 % sur les dépenses cumulées entre 2010 et 2017), son utilisation a progressivement été élargie par le législateur à d’autres catégories de dépenses : mesures de réduction de la vulnérabilité des biens et de l’aménagement du risque (40 %) et de connaissance de l’aléa et information préventive (14 %). Si les collectivités territoriales sont les premières bénéficiaires du FPRNM, les particuliers et les entreprises de moins de 20 salariés peuvent également en bénéficier sous certaines conditions.

En 2019, le taux de financement des travaux de réduction de la vulnérabilité des biens exposés aux inondations a été doublé pour les particuliers, passant de 40 à 80%.

Que dit le PNACC 2 ?

Dans une logique de prévention des risques et de solidarité, le PNACC 2 vise à réduire les impacts des catastrophes naturelles sur la sécurité et la santé, sur les biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux des personnes, des entreprises et des collectivités, dans le contexte du changement climatique.

L’anticipation des événements afin de développer la capacité de réaction (pour limiter en durée les conséquences des événements climatiques ) fait partie intégrante de la logique d’adaptation, en particulier pour les infrastructures et services essentiels.

Pour en savoir plus sur le plan national d'adaptation au changement climatique

Des ressources incontournables

Découvrir les risques naturels sous un autre angle

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