Acteur économique et Risques naturels

Anticiper une aggravation des risques naturels : un impératif pour les acteurs économiques

La hausse de la température moyenne de la planète d’ici la fin du siècle se déclinera de façon différente selon les régions mais s’accompagnera partout de changements importants dans la fréquence et la sévérité des événements extrêmes.
Cette tendance demande aux entreprises, gestionnaires de réseaux de transports, agriculteurs, industriels, constructeurs... d’intégrer dès aujourd’hui le changement climatique et ses conséquences sur les risques naturels et leur activité dans leur modèle économique.

Des risques aggravés par le changement climatique

Les deux tiers des communes françaises sont exposées à au moins un risque naturel. 1 emploi sur 3 est aujourd'hui potentiellement exposé aux inondations, principal risque majeur au titre du nombre de communes concernées et du coût économique des catastrophes.

Pris de manière indépendante, aucun événement ne peut être attribué en tant que tel au changement climatique. Toutefois, les travaux de recherche établissent que le changement climatique vient modifier la fréquence et l'intensité de certains phénomènes :

  • La multiplication des épisodes de sécheresse pourrait intensifier les problèmes de retrait-gonflement d'argile qui fragilisent les bâtiments.
  • Concernant les pluies extrêmes, une tendance générale se dessine avec une augmentation de leur intensité, principalement en hiver, et une extension des zones impactées notamment vers le sud-est ou les Pyrénées.
  • Les territoires exposés aux risques d’incendies de forêts devraient être plus étendus, couvrant une part importante des forêts des Landes (à horizon 2040) et de Sologne (à horizon 2060).
  • Les études actuelles ne permettent pas de mettre en évidence une tendance future sur l’évolution des tempêtes.
  • Outre-mer, les simulations indiquent que les cyclones ne devraient pas être plus nombreux, mais plus intenses.
  • La hausse du niveau de la mer devrait accélérer le recul du trait de cote . Cette élévation entraînera aussi l’apparition de zones de submersions marines permanente ainsi qu’une très forte augmentation de la fréquence des submersions marines temporaires.

Une priorité : s'informer sur les risques encourus

Dès aujourd’hui, il s’agit d’évaluer, sur le long terme, les conséquences de ces aggravations sur la production, l’organisation, les pertes d’exploitation des entreprises en s’informant : les effets du changement climatique sont déjà renseignés par de nombreuses études, ne pas agir coûterait plus cher que de commencer dès maintenant à se préparer à ces impacts.

A noter que depuis 2016, le code de l'environnement impose à l’ensemble des projets soumis à étude d’impact d’analyser les « incidences du projet sur le climat et de la vulnérabilité du projet au changement climatique ». Ce diagnostic de vulnérabilité du projet au changement climatique est nécessaire afin d’identifier et anticiper les fragilités des aménagements et de leurs usages. Cela permet ensuite de prévenir les dommages consécutifs au changement climatique sur les infrastructures en les adaptant.

En s’appuyant sur les différentes données disponibles, le portail Géorisques, mis en place par le ministère chargé de l’environnement, vise ainsi à ce que chacun puisse disposer d’une information sur les risques à proximité de son activité. Il présente, sous forme de cartes et de listes, les différents risques pour répondre à la question « quels sont les risques auxquels je suis exposé ? ».

Par ailleurs, depuis 2006, tout acheteur ou locataire de biens immobiliers doit être informé lorsque le bien est situé dans le périmètre d’un plan de prévention des risques naturels et donc s’il est dans une zone inondable, soumise aux feux de forêt…

Parmi les autres outils d’information, hormis le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique, l’Observatoire national des risques naturels construit notamment une base de données sur les événements naturels dommageables en lien avec le Bureau d'Analyse des Risques et Pollutions Industriels (BARPI), élabore des indicateurs croisés, met en réseau les observatoires territoriaux.

Le retrait gonflement des argiles : un risque géologique lié aux conditions climatiques

Les sols argileux voient leur consistance et leur volume évoluer selon la teneur en eau : ils sont souples, malléables et « gonflés » en période humide et secs, cassants et « rétractés » en période sèche. Ce phénomène peut engendrer des dégâts importants sur les bâtiments.

Anticiper pour réduire sa vulnérabilité

Pour déduire ses risques face aux catastrophes naturelles, on peut essayer de réduire l’intensité de l’événement lui-même mais aussi et surtout travailler à minimiser son exposition et la vulnérabilité de son activité aux risques naturels : meilleure résilience des bâtiments, notamment lors de la reconstruction après catastrophe, transformation et/ou relocalisation des activités les plus exposées...

Les entreprises de transports et les gestionnaires d’infrastructures doivent ainsi anticiper les nouvelles demandes de transport et les réorientations de leur offre tout en effectuant des diagnostics de vulnérabilité de leurs infrastructures et systèmes terrestres, maritimes et aéroportuaires.

Anticiper, c’est aussi apprendre à gérer les conséquences des événements climatiques, comme la récupération des déchets post catastrophes et leur stockage : on se souvient des difficultés de stockage des arbres tombés lors de la tempête de 1999 dans les Landes. De même, le secteur de la construction doit trouver dès aujourd’hui des matériaux plus résilients face aux inondations, aux cyclones... afin de réduire la vulnérabilité des bâtiments.

Réfléchir à long terme

Changer de paradigme, réfléchir autrement permet de gagner en efficacité. Cet esprit d’innovation doit s’accompagner d’une vision de long terme. Il s’agit d’évaluer les coûts/bénéfices d’une activité en fonction des évolutions probables du climat et des externalités, d’avoir une approche économique globale qui sorte du court terme.

Former ses équipes

Cette approche nécessite des connaissances, une veille permanente sur les effets attendus du changement climatique, une prise en compte le plus en amont possible de la question de l’adaptation : autant de préalables qui passent par une formation adaptée. Si la formation initiale des ingénieurs, commerciaux, financiers, opérateurs n’intègre hélas pas toujours - ou encore - le changement climatique, l’entreprise est en mesure, par des plans de formation adaptés et continus, de faire des conséquences du changement climatique sur les risques naturels une culture imprégnant toutes les actions de ses salariés.

Financer ses travaux

Le soutien à la prévention des risques s’appuie largement sur le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM, appelé aussi « fonds Barnier ») créé en 1995 et doté, via les contributions des assurés au titre du dispositif Catastrophes naturelles, de 137 millions d’euros en 2018. Sur la période 2012-2017, il a été mobilisé à près de 50 % pour la prévention des inondations par débordement de cours d’eau, à 13 % pour la submersion marine, à près de 10 % pour les mouvements de terrain. S’il a d’abord permis de financer les délocalisations de biens exposés à un risque naturel majeur (38 % sur les dépenses cumulées entre 2010 et 2017), son utilisation a progressivement été élargie par le législateur à d’autres catégories de dépenses : mesures de réduction de la vulnérabilité des biens et de l’aménagement du risque (40 %) et de connaissance de l’aléa et information préventive (14 %). Les collectivités territoriales sont les premières bénéficiaires du FPRNM mais les entreprises de moins de 20 salariés peuvent également en bénéficier sous certaines conditions.

Le secteur de l’eau étant l’un des domaines dans lesquels les effets du réchauffement climatique se font et se feront le plus ressentir, les agences de l’eau et leurs comités de bassin ont également prévu d’investir, à travers leurs 11èmes programmes d’intervention 2019-2024, 500 millions d’euros par an dans des actions d’adaptation au changement climatique, notamment pour la prévention des inondations.

Des aides de l’ADEME, majoritairement octroyées via ses Directions Régionales, sont également disponibles.

Que dit le PNACC 2 ?

Dans une logique de prévention des risques et de solidarité, le PNACC 2 vise à réduire les impacts des catastrophes naturelles sur la sécurité et la santé, sur les biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux des personnes, des entreprises et des collectivités, dans le contexte du changement climatique.

L’anticipation des événements afin de développer la capacité de réaction (pour limiter en durée les conséquences des événements climatiques ) fait partie intégrante de la logique d’adaptation, en particulier pour les infrastructures et services essentiels.

Pour en savoir plus sur le plan national d'adaptation au changement climatique

Des ressources incontournables

Découvrir les risques naturels sous un autre angle

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