Bureau d'études et Bâtiment

Faire passer le message de l’adaptation

Le changement : une chance.

Si le changement climatique a des conséquences désastreuses, il est aussi une chance pour les architectes et maîtres d’œuvre de renouveler leurs pratiques et leurs propositions.

Connaître les évolutions probables du climat, travailler avec les professionnels du bâtiment pour inventer des solutions, préconiser des matériaux nouveaux ou remis au goût du jour… Avec le « permis de faire » et celui d'expérimenter, les marges de manœuvre des concepteurs deviennent réels et sensibles. Ils dépendent de la façon dont ils s’informeront et se formeront afin d'une part de répondre aux nouvelles réglementations mais surtout de satisfaire les demandes des usagers.

Innover, inventer, proposer

Forces de propositions, les architectes ont l’habitude d’adapter leurs projets aux conditions environnementales. Il leur faudra aller plus loin que la demande initiale de leurs donneurs d’ordre, en explicitant des choix basés sur des projections. Un travail d’explication qui nécessite de bien connaître les enjeux de l’adaptation au changement climatique.

Faire passer le message de l'adaptation.

Les Agences locales de l’énergie, associations professionnelles et les bureaux d’études sont des vecteurs du message de l’adaptation au changement climatique auprès de l’ensemble de la population, depuis le particulier rénovateur de son logement jusqu’au chef d’entreprise constructeur de son siège social.

Agences locales de l’énergie, associations professionnelles, bureaux d’études spécialisés dans la construction ou la rénovation du bâtiment sont autant d’intermédiaires qui se doivent d’être au fait des enjeux du changement climatique, des techniques, des solutions nouvelles ou des recherches en cours qui permettent de s’y adapter pour améliorer le confort des usagers.

S’approprier des techniques et les diffuser

En s’appropriant les notions, en connaissant les techniques, en s’informant des avancées probables de la science, ces intermédiaires seront au cœur des changements de pratiques nécessaires à la prise en compte du climat de demain dans la construction et la rénovation des bâtiments.

Chaleur, intempéries et sécheresse : des impacts majeurs

L’élévation des températures modifiera profondément le système thermique

Les températures extérieures moyennes augmentent sur tout le territoire français et continueront d’augmenter.

En été, le confort thermique sera particulièrement impacté à l’intérieur des bâtiments. Les enjeux seront alors cruciaux, tant en matière d’intégration urbaine et dans l’environnement, qu’en isolation de l’enveloppe, en rafraîchissement et en gestion thermique par les occupants (protections solaires, ouvrants...).

En période hivernale, à l’inverse, les besoins énergétiques en chauffage devraient diminuer fortement, bien plus que les besoins en froid.

Les vagues de chaleur représenteront un enjeu sanitaire majeur

En France, 15 000 décès ont été attribués à la canicule exceptionnelle de 2003. L’augmentation de l’intensité et de la fréquence des périodes caniculaires ou de chaleurs extrêmes, combinée à l’élévation des températures, à la concentration des populations dans les zones urbaines et à leur vieillissement induisent les plus forts enjeux de confort et de santé à l’intérieur des bâtiments.

Les solutions d’adaptation à l’élévation des températures contribueront directement à la satisfaction de ces enjeux. Elles seront à pousser à un niveau de performance supérieur ou à compléter pour gérer ces épisodes ponctuels de crise.

Les inondations, premier aléa en volume de dommages matériels

En début de 20è siècle, en métropole, les inondations liées à la pluie ou par submersion marine représentent le premier aléa en volume de dommages matériels. Près d’une commune sur deux est susceptible d’être touchée. Avec le dérèglement climatique et l’imperméabilisation des sols, les dommages devraient doubler dans la décennie suivante.

Il ne semble pas non plus envisageable de geler le développement des zones à risque faible ou modéré. Des villes côtières ont même fait le choix de s’adapter à l’inondation par submersion marine.

Des techniques de construction spécifiques aux zones inondables existent déjà ou seront amenées à se développer.

Le retrait-gonflement des argiles lié à la sécheresse, second aléa en volume de dommages matériels

En période de sécheresse, le retrait-gonflement des sols argileux fragilise les fondations, et affecte particulièrement les maisons individuelles construites en éléments de maçonnerie sur semelles filantes. En début de 20è siècle, en métropole, il représente le second aléa en volume de dommages matériels causés. Avec l’évolution des épisodes de sécheresse, les dommages devraient plus que doubler dans la décennie suivante.

Pour les bâtiments existants, les techniques classiques de stabilisation, par reprise en sous-œuvre des fondations ou de confinement des sols, sont très coûteuses et peuvent être traumatisantes pour les habitants. Mais ce ne sont pas les seules solutions...

Un large panel de solutions à disposition

Pour limiter la chaleur sans recourir à la climatisation air/air (qui accentue le problème), les techniques de base du bioclimatisme permettent d’implanter et de concevoir le bâtiment en alliant son environnement naturel et urbain.

Ses solutions sont pleinement applicables et bénéfiques en construction neuve, mais également en réhabilitation dans leur version relative aux bâtiments performants en énergie. La forte isolation et la maîtrise de la ventilation de ses derniers permet en effet de moins subir l’orientation existante. Dans tous les cas, ce haut niveau de performance permet de réduire fortement la pénétration solaire. Mais il nécessite de maîtriser l’accumulation de chaleur en journée (gestion des protections solaires...) et d’évacuer celle-ci la nuit (ouverture des fenêtres…).

L’implication des occupants dans la gestion thermique de leur bâtiment, fortement ancrée dans la zone méditerranéenne, est à généraliser sur l'ensemble du territoire. Toutefois, dans certains cas, notamment en tertiaire, ces solutions nécessiteront d’être complétées par une production de froid durable (géothermie…).

Pour faire face aux inondations, le repli de l’urbanisation vers les parties moins risquées du territoire n’est pas forcément la solution la plus pertinente. Construire en zone inondable est techniquement possible (pilotis, rez-de-chaussée résistant tout en laissant l’eau circuler...). Et pour les bâtiments existants, différentes techniques de protection, préventives et en situation, permettent de se protéger contre les inondations liées à la pluie.

Et pour faire face au retrait des argiles, il peut être judicieux d’arroser, tout simplement !

Que dit le PNACC 2 ?

Le bâti sera progressivement adapté au changement climatique pour favoriser la résilience aux risques tant naturels que sanitaires dans un urbanisme intégrant ce changement, notamment en utilisant les labels existants voire des moyens réglementaires réglementaires.

Pour en savoir plus sur le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique

Exemples d'actions

Les jardins du Nouvel’R résilients aux inondations à Saint-Pierre-des-Corps

Située entre Loire et Cher, la commune est entièrement localisée en zone inondable. Elle vise la limitation des impacts des crues et un retour rapide à la normale.

Les habitations sont ici construites sur pilotis, reliées entre elles par des coursives, avec emprise au sol minime pour faciliter l’écoulement des eaux, et espace sous bâtiment attribué à chaque logement.

Maison réparée par arrosage de son sol argileux à Mer en Loire-et-Cher

La solution consiste ici à neutraliser le phénomène de retrait-gonflement du sol argileux du bâtiment, en l’humidifiant sous les fondations, par injection provenant d’un dispositif de récupération des eaux de pluie en toiture : méthode innovante MACH du Cerema (MAison Confortée par Humidification).

Ressources incontournables

Découvrir le bâtiment sous un autre angle

EluTechnicien de collectivitéActeur économique Particulier