Bâtiment

Limiter la chaleur. Faire face aux intempéries et à la sécheresse.


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ÉluTechnicien de collectivitéActeur économiqueBureau d'études

Sommaire

Les conséquences du changement climatique, dont on ressent, dans bien des régions, déjà les effets, ont des implications sur la façon dont doivent être conçus, rénovés et utilisés les bâtiments, tous types de bâtiments qu’il s’agisse d’immeubles d’habitation, de maisons particulières, de sièges d’entreprises, d’usines ou de bâtiments publics, en ville comme à la campagne.

Les bâtiments actuels et futurs, quels que soient leur mode constructif ou leur fonction, doivent :

  • d’ores et déjà prendre en compte l’élévation lente, mais généralisée et continue, des températures ;
  • mieux assurer leur rôle protecteur face à des aléas extrêmes désormais répandus sur l’ensemble du territoire français, dont les vagues de chaleur, les inondations et la sécheresse en sol argileux sont les plus préoccupants, en termes de dommages et d’évolution.

Des solutions existent, nécessairement pluridisciplinaires, alliant la technique et l’usage, le bâtiment et son environnement, mais aussi l’approche opérationnelle et la politique territoriale. Pour ne pas accentuer la cause dont il s’agit de combattre ici les effets, elles viseront l’absence d’émissions de carbone sur l’ensemble du cycle de vie.

Tous les projets de construction, neufs ou de réhabilitation, doivent intégrer ces enjeux d’adaptation dès aujourd’hui, pour ne pas à avoir à rénover dès demain !

Chaleur, intempéries et sécheresse : des impacts majeurs

L’élévation des températures modifiera profondément le système thermique

Les températures extérieures moyennes augmentent sur tout le territoire français et continueront d’augmenter.

En été, le confort thermique sera particulièrement impacté à l’intérieur des bâtiments. Les enjeux seront alors cruciaux, tant en matière d’intégration urbaine et dans l’environnement, qu’en isolation de l’enveloppe, en rafraîchissement et en gestion thermique par les occupants (protections solaires, ouvrants...).

En période hivernale, à l’inverse, les besoins énergétiques en chauffage devraient diminuer fortement, bien plus que les besoins en froid.

Les vagues de chaleur représenteront un enjeu sanitaire majeur

En France, 15 000 décès ont été attribués à la canicule exceptionnelle de 2003. L’augmentation de l’intensité et de la fréquence des périodes caniculaires ou de chaleurs extrêmes, combinée à l’élévation des températures, à la concentration des populations dans les zones urbaines et à leur vieillissement induisent les plus forts enjeux de confort et de santé à l’intérieur des bâtiments.

Les solutions d’adaptation à l’élévation des températures contribueront directement à la satisfaction de ces enjeux. Elles seront à pousser à un niveau de performance supérieur ou à compléter pour gérer ces épisodes ponctuels de crise.

Les inondations, premier aléa en volume de dommages matériels

En début de 20è siècle, en métropole, les inondations liées à la pluie ou par submersion marine représentent le premier aléa en volume de dommages matériels. Près d’une commune sur deux est susceptible d’être touchée. Avec le dérèglement climatique et l’imperméabilisation des sols, les dommages devraient doubler dans la décennie suivante.

Il ne semble pas non plus envisageable de geler le développement des zones à risque faible ou modéré. Des villes côtières ont même fait le choix de s’adapter à l’inondation par submersion marine.

Des techniques de construction spécifiques aux zones inondables existent déjà ou seront amenées à se développer.

Le retrait-gonflement des argiles lié à la sécheresse, second aléa en volume de dommages matériels

En période de sécheresse, le retrait-gonflement des sols argileux fragilise les fondations, et affecte particulièrement les maisons individuelles construites en éléments de maçonnerie sur semelles filantes. En début de 20è siècle, en métropole, il représente le second aléa en volume de dommages matériels causés. Avec l’évolution des épisodes de sécheresse, les dommages devraient plus que doubler dans la décennie suivante.

Pour les bâtiments existants, les techniques classiques de stabilisation, par reprise en sous-œuvre des fondations ou de confinement des sols, sont très coûteuses et peuvent être traumatisantes pour les habitants. Mais ce ne sont pas les seules solutions...

Un large panel de solutions à disposition

Pour limiter la chaleur sans recourir à la climatisation air/air (qui accentue le problème), les techniques de base du bioclimatisme permettent d’implanter et de concevoir le bâtiment en alliant son environnement naturel et urbain.

Ses solutions sont pleinement applicables et bénéfiques en construction neuve, mais également en réhabilitation dans leur version relative aux bâtiments performants en énergie. La forte isolation et la maîtrise de la ventilation de ses derniers permet en effet de moins subir l’orientation existante. Dans tous les cas, ce haut niveau de performance permet de réduire fortement la pénétration solaire. Mais il nécessite de maîtriser l’accumulation de chaleur en journée (gestion des protections solaires...) et d’évacuer celle-ci la nuit (ouverture des fenêtres…).

L’implication des occupants dans la gestion thermique de leur bâtiment, fortement ancrée dans la zone méditerranéenne, est à généraliser sur l'ensemble du territoire. Toutefois, dans certains cas, notamment en tertiaire, ces solutions nécessiteront d’être complétées par une production de froid durable (géothermie…).

Pour faire face aux inondations, le repli de l’urbanisation vers les parties moins risquées du territoire n’est pas forcément la solution la plus pertinente. Construire en zone inondable est techniquement possible (pilotis, rez-de-chaussée résistant tout en laissant l’eau circuler...). Et pour les bâtiments existants, différentes techniques de protection, préventives et en situation, permettent de se protéger contre les inondations liées à la pluie.

Et pour faire face au retrait des argiles, il peut être judicieux d’arroser, tout simplement !

Que dit le PNACC 2 ?

Le bâti sera progressivement adapté au changement climatique pour favoriser la résilience aux risques tant naturels que sanitaires dans un urbanisme intégrant ce changement, notamment en utilisant les labels existants voire des moyens réglementaires réglementaires.

Pour en savoir plus sur le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique

Des exemples d’actions

Les jardins du Nouvel’R résilients aux inondations à Saint-Pierre-des-Corps

Située entre Loire et Cher, la commune est entièrement localisée en zone inondable. Elle vise la limitation des impacts des crues et un retour rapide à la normale.

Les habitations sont ici construites sur pilotis, reliées entre elles par des coursives, avec emprise au sol minime pour faciliter l’écoulement des eaux, et espace sous bâtiment attribué à chaque logement.

Maison réparée par arrosage de son sol argileux à Mer en Loire-et-Cher

La solution consiste ici à neutraliser le phénomène de retrait-gonflement du sol argileux du bâtiment, en l’humidifiant sous les fondations, par injection provenant d’un dispositif de récupération des eaux de pluie en toiture : méthode innovante MACH du Cerema (MAison Confortée par Humidification).

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