Bureau d'études

S'adapter : oui, mais comment faire ?

Le changement climatique va profondément modifier nos territoires. En se préparant à ces changements, on peut en éviter ou en atténuer les effets négatifs et maximiser les effets positifs. Anticiper, telle est la clé pour s’adapter au changement climatique.

Il y a peu d’incertitude sur ce que sera le climat à horizon 2050, largement déterminé par les quantités de gaz à effet de serre qui ont déjà été envoyées dans l’atmosphère. Au-delà, le climat futur dépendra principalement de notre capacité à réduire ces émissions.

Cette incertitude à long terme ne doit pas conduire à retarder l’action, car les grandes tendances du climat futur sont connues et entraîneront des impacts majeurs en France : hausse des températures plus forte que la moyenne mondiale, vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, précipitations et sécheresses extrêmes, hausse du niveau de la mer, intensification des cyclones.

 

Plus tôt nous nous y préparerons, plus nous aurons le choix des solutions et surtout la capacité pour agir. Agir tôt coûtera également moins cher que si l’on repousse l’échéance.

 

Comment établir une stratégie d’adaptation ?

Les impacts du changement climatique sont et seront très variables d’un territoire à l’autre du fait du contexte géographique, socio-économique ou culturel. On n’adapte pas de la même manière un territoire de plaine ou un territoire de montagne, une ville ou une commune rurale. L’adaptation au changement climatique doit donc être pensée à l’échelle locale, adaptée à chaque territoire et spécifique aux secteurs concernés et aux acteurs associés.

La vulnérabilité d’un territoire par rapport aux effets du changement climatique est le produit de trois composantes :

L’aléa climatique

L’aléa climatique est un événement susceptible de se produire et qui peut entraîner des dommages sur les populations, les activités et les milieux. Exemples : augmentation des températures, canicule, vagues de chaleur, baisse de l’enneigement…

La sensibilité

La sensibilité correspond à la propension à être touchée par un aléa. Exemple : pour un épisode de vague de chaleur identique, un territoire avec une forte proportion de personnes âgées sera plus touché qu’un territoire avec une forte proportion de jeunes adultes.

La capacité d’adaptation

La capacité d’adaptation correspond au potentiel, à la préparation et aux stratégies d’adaptation que possède un territoire. Exemple : pour un épisode de vague de chaleur identique, une sensibilité identique, un territoire sans dispositif de prévention sera plus touché qu’un territoire s’attachant à informer les personnes âgées sur les gestes à faire en période de canicule.

L’objectif d’une stratégie d’adaptation est de réduire l’exposition et la vulnérabilité aux aléas climatiques, que ce soit au niveau des populations, des territoires, ou bien encore des activités économiques, et d’en maximiser les effets bénéfiques. La confrontation des projets de développement au climat futur du territoire dès leur phase de conception permet d’intégrer en amont d’éventuels ajustements des projets.

La stratégie d’adaptation est une démarche progressive dont le diagnostic de vulnérabilité est la première étape, suivie de l’élaboration d’un plan d’actions puis de la mise en place d’un suivi-évaluation de la politique adoptée.

 

 

 

Focus : le diagnostic de vulnérabilité d'un territoire

Pour savoir comment s’adapter, il faut d’abord faire un état des lieux du risque climatique. Le diagnostic de vulnérabilité :

• consiste à mener une analyse approfondie du territoire, de ses forces et de ses faiblesses ;

• met en évidence les risques majeurs relatifs au climat futur et définit des priorités stratégiques ;

• doit être multi sectoriel et transversal : il est nécessaire d’explorer tous les champs d’impacts potentiels pour le territoire. En effet, tous les secteurs d’activités peuvent être touchés, isolément ou en cascade. De plus, l’efficacité des actions sera d’autant plus grande que ces actions auront des effets sur plusieurs secteurs.

En pratique, le diagnostic de vulnérabilité peut être réalisé en 3 temps :

  1. connaître le passé en inventoriant les impacts sur le territoire des événements météorologiques récents et historiques, les actions déjà menées et les points qui constituent des contraintes ou des handicaps ;
  2. étudier l’avenir sur la base des projections climatiques futures ;
  3. établir des niveaux de vulnérabilité en confrontant la sensibilité au climat présent aux projections climatiques futures.

L’évaluation de la vulnérabilité de son territoire permet d’identifier un grand nombre de mesures d’adaptation potentielles et des opportunités à saisir. Le panel d’actions peut ensuite être réduit en identifiant les priorités, notamment les actions les plus urgentes, en particulier celles prévenant des impacts imminents ou ayant des conséquences à très long terme mais nécessitant de faire des choix dès maintenant. Ces priorités pourront également être appuyées par une évaluation coûts-bénéfices.

Sur cette base, une stratégie d’adaptation peut être construite, notamment en recherchant des mesures flexibles qui permettent de prendre en compte l’incertitude sur les climats futurs et le retour d’expérience, et en maximisant les co-bénéfices engendrés par l’adaptation. De manière générale, les mesures dites « sans regret », c’est-à-dire qui présentent des bénéfices quel que soit le climat futur, par exemple les économies d’eau, sont à privilégier dans un premier temps.

La réussite d’une politique d’adaptation au changement climatique dépend en grande partie de son acceptation par la population et les acteurs privés. Une large diffusion de l’information, des études et rapports sur le changement climatique et la vulnérabilité doit être organisée tout au long du processus de définition de cette politique.

 

 

 

Exemples d'actions possibles

Dans un premier temps, des ajustements des politiques actuelles peuvent être mis en place :

  • optimisation de la gestion de la ressource en eau au travers de la maîtrise de sa consommation ;
  • choix d’une architecture bioclimatique pour la conception d’un bâtiment, afin de bénéficier d’un rafraîchissement estival naturel ;
  • choix de cultures adaptées au climat local.

Pour faire face à des changements climatiques de grande amplitude, une transformation des activités peut s’avérer nécessaire. Il s’agit par exemple :

  • de la diversification de l’offre dans le tourisme de moyenne montagne ;
  • pour la foresterie, de diversifier les peuplements forestiers pour y inclure des espèces adaptées au climat et aux maladies futures.

Les outils à votre disposition

Driasles futurs du climat, pour accéder aux données fines sur votre territoire

Drias les futurs du climat propose une démarche d’appropriation en trois étapes : l’Espace Accompagnement présente un guide d’utilisation et de bonnes pratiques pour les projections climatiques. L’Espace Découverte permet de visualiser et géolocaliser les projections climatiques au plus près de votre territoire, en métropole comme outre-mer : vous avez accès à toutes les informations fournies par les modèles de climat, pour les scénarios les plus récents présentés dans le dernier rapport du GIEC. Enfin, l’Espace Données et Produits vous permet de télécharger gratuitement ces paramètres et indices climatiques.

Vous trouverez plus d’informations sur les impacts attendus en France et les solutions existantes dans les pages thématiques du centre de ressources : santé, risques, eau, montagne, littoral…

La démarche TACCT (Trajectoires d'Adaptation au Changement Climatique des Territoires) permet, en 3 étapes, d'élaborer une politique d'adaptation au changement climatique de "A à Z", du diagnostic de vulnérabilité jusqu'au suivi des mesures et à l'évaluation de la stratégie. La démarche coordonne les trois outils existants :

  • Impact'Climat devient TACCT Diagnostiquer les impacts
  • Objectif'Climat Trajectoires devient TACCT Construire des Stratégies
  • Objectif'Climat Suivi-Evaluation devient TACCT Evaluer les actions

Avec TACCT, facilitez votre travail d'animation territoriale et éclairez vos choix d'action en matière d'adaptation.

L’outil CACTUS (Climat – Adaptation – Changements – Territoires – Usages), développé par le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan et des scientifiques du laboratoire de recherche AMURE de l’Université de Bretagne Occidentale, est principalement destiné aux collectivités qui souhaitent mener des actions pour s’adapter au changement climatique actuel et à venir. Il permet aux élus, mais aussi aux citoyens, de prendre la mesure des thèmes qui sont en lien avec le changement climatique et leurs interconnexions, que ce soit le changement des aires de répartition des espèces, l’élévation du niveau de la mer, les conséquences pour la conchyliculture, l’agriculture…

Site internet

Des initiatives

Ateliers des territoires

L’Atelier des territoires propose aux acteurs locaux d’élaborer collectivement une vision d’avenir à partir des atouts et des ressources locales, des dynamiques et des coopérations interterritoriales. Elus, techniciens de l’État et des collectivités, porteurs de projets et habitants : des séances d’ateliers participatifs invitent chacun à partager son expertise. Une équipe pluridisciplinaire d’appui accompagne le processus qui permet de passer des constats et parfois des blocages de départ à des intentions de projet et des pistes d’action.

Des ressources incontournables

L’adaptation des territoires au changement climatique – CGET (2015). Entre 2008 et 2013, la Datar a confié aux préfets de région la réalisation de six études interrégionales, afin de caractériser la vulnérabilité des territoires, améliorer les connaissances sur les impacts et les potentiels d’adaptation. Ce rapport consolide ces analyses et formule des recommandations pour l’action publique.